Paix & Sécurité


Améliorer la coopération transfrontalière et régionale pour la stabilité et le développement, prévenir et résoudre les conflits, et promouvoir l’accès à la justice et aux droits humains.

La paix, la justice, les droits humains et une gouvernance efficace fondée sur l’état de droit sont des vecteurs essentiels pour le développement durable.


  • Au Sahel, certaines régions profitent de la paix, de la sécurité et de la prospérité, alors que d’autres sont entraînées dans un cycle de conflits et de violence qui semble sans fin. Les niveaux élevés de violence armée et d’insécurité ont un effet destructeur sur le développement d’un pays, en entravant la croissance économique et en engendrant souvent des souffrances durables au sein de la population, qui peuvent persister pendant des générations. Les violences sexuelles, la criminalité, l’exploitation et la torture sont également omniprésentes sur les lieux de conflits ou sans état de droit. Les nations doivent prendre des mesures pour protéger ceux qui sont le plus à risque. Aujourd’hui, les citoyens du Sahel réclament plus de justice et des institutions publiques en phase avec leurs besoins. Les lenteurs administratives, la corruption et la faible redistribution des ressources, font qu’ils ont peu confiance en leur gouvernement et souhaitent participer davantage à la vie démocratique de leur pays.

  • Au travers de leurs programmes, les agences des Nations Unies accompagnent les gouvernements et les communautés des pays du Sahel pour trouver des solutions durables aux conflits et à l’insécurité. Le renforcement de l’état de droit et la promotion des droits humains sont au cœur de ce processus, notamment l’amélioration de l’accès à la justice pour les communautés vulnérables, la lutte contre la traite des personnes et la réduction du trafic illégal d’armes. Les actions visent aussi à renforcer les capacités institutionnelles pour l’engagement des citoyens, la médiation et la réconciliation dans les communautés gravement touchées par les conflits. Cela passe par la création d’infrastructures locales pour la paix et le renforcement des communautés à prévenir les conflits, combattre le terrorisme, la criminalité et l’extrémisme violent, en particulier dans les régions transfrontalières où cohabitent souvent réfugiés, déplacés et communautés hôtes.

Prévention des conflits en Mauritanie

par le PNUD, l’UNICEF, la FAO et le HCDH


Le camp de réfugiés de Mbera situé à l’extrême sud-est de la Mauritanie, accueille aujourd’hui 60.000 réfugiés maliens. C’est plus que la population locale.


  • La situation politique et sécuritaire au Mali rend improbable leur retour dans un avenir proche et la présence active de groupes armés de l’autre côté de la frontière pourrait entraîner un risque rapide de débordement du conflit côté mauritanien. En conséquence, les voies de transhumances habituelles sont complètement perturbées entraînant une forte concentration de population et de bétail et accentuant encore plus la pression sur les ressources naturelles vitales, déjà durement affectées par les chocs climatiques.

    Ce projet a été mis en œuvre par quatre agences des Nations Unies – le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) .

  • Il s’attaque aux causes des tensions pour ainsi réduire le risque de conflit en renforçant les capacités et les ressources déjà présentes tant communautaires qu’institutionnelles.

    Avec une approche basée sur les droits humains, les actions s’articulent autour de trois composantes : renforcer la capacité du système local – structure étatique, comités de village et société civile – à gérer les ressources naturelles de manière pacifique ; impulser le développement économique locale avec des activités génératrices de revenus ; sensibiliser et organiser les jeunes pour qu’ils agissent en tant qu’acteurs locaux de la paix.

  • M’berra, Mauritanie, juillet 2017 – UNICEF Mauritanie / A.Tamayo-Alvarez
  • Mohamed

    Le jeune berger réfugié devenu premier de la classe en Mauritanie


    « Je m’appelle Mohamed, je suis actuellement en classe de 3ème. Avant d’arriver au camp de M’Berra, j’étais berger. Je voyais les enfants partir chaque jour à l’école pendant que moi, je prenais mon bâton et mon bidon d’eau très tôt le matin pour suivre les animaux. Il y a 7 ans, lorsque les conflits ont éclaté au Mali, ma famille a dû tout abandonner et nous sommes venus nous installer ici. Comme je n’avais plus d’animaux, j’ai demandé à mon père de m’inscrire à l’école, parce que tous mes amis y allaient, et il a finalement accepté. A mon entrée en 6ème, j’ai reçu un cadeau de la direction parce que j’avais obtenu la troisième meilleure note dès mon premier devoir. Ensuite, je suis devenu premier de la classe et je le suis encore aujourd’hui. Depuis, j’ai reçu beaucoup de cadeaux. Mon directeur est toujours étonné par mon niveau et mon père, en voyant mes résultats, s’est excusé pour le retard que j’avais pris. Je continuerai à travailler dur et je me sens vraiment encouragé par le soutien qu’on a reçu depuis notre arrivée au camp. »

    L’éducation joue un rôle crucial en favorisant le retour à la normalité et en aidant les enfants à surmonter les traumatismes liés aux conflits.

  • Vatme

    Membre du réseau des femmes à Bassikounou en Mauritanie


    « L’organisation des droits humains a organisé des formations et des campagnes de sensibilisation sur le droit des femmes et la résolution des conflits et nous a aidé à créer un réseau bien organisé. Avant lorsqu’il y avait des conflits entre nous, on se rendait à la police ou à la gendarmerie. Maintenant, nous savons organiser des rencontres et régler nos problèmes. Nos comités de villageois ont été renforcés aussi pour la résolution des conflits entre les habitants et les réfugiés. Concernant le droit des femmes, avant la femme ne connaissait pas ses droits. Aujourd’hui, elle les connaît. Par exemple, si un homme quitte sa femme sans lui remettre son dû, elle s’adresse aux comités concernés et obtient des droits sans problème. »

  • M’berra, Mauritanie, décembre 2018 – HCDH

Initiative pour la protection et la réintégration des migrants

par l’OIM et l’UE


Depuis 2017, l’initiative conjointe de l’Union Européenne et de l’Organisation internationale pour les migrations a déjà assisté 87.000 migrants au retour vers leurs pays d’origine sur les principales routes migratoires d’Afrique dont 76.000 rien qu’au Sahel.


  • Mise en œuvre dans 26 pays africains, le projet sauve des vies en aidant les migrants en chemin, propose une aide au retour volontaire à ceux qui le souhaitent, et fournit une aide à la réintégration aux migrants de retour dans leurs communautés. En coopération avec les acteurs étatiques et non étatiques, l’aide à la réintégration peut revêtir différentes formes : soutien médical et psychosocial, aide à la création d’une petite entreprise, soutien pour entreprendre des études ou une formation professionnelle, aide à l’insertion professionnelle ou orientation vers d’autres services disponibles dans le pays.

  • Banjul, Gambie, octobre 2019 – OIM / Miko Alazas
  • Sireh

    De retour en Gambie


    « Après mon diplôme d’études secondaires, j’ai ouvert une boutique de cosmétiques en Gambie. Les affaires n’étaient pas lucratives alors j’ai économisé un peu pour partir en Europe en 2015. Mais arrivée à Bamako au Mali, je n’avais déjà plus d’argent sur mes économies. Mes parents ont du m’envoyer de quoi finir le voyage jusqu’en Libye. Là bas, j’ai eu de la chance car je n’ai été ni abusée, ni exploitée sexuellement. Mais j’ai quand même été emprisonnée à quatre reprises et ma famille a encore dû payer pour que je sois libérée. Après quatre ans en Lybie à vivre dans le chaos et dans la peur, je voulais rentrer dans mon pays mais je n’avais ni argent, ni passeport, je n’avais plus rien. J’ai contacté l’OIM et ils m’ont aidé à rentrer en avril 2019. Les retrouvailles avec ma famille se sont bien passées, tout le monde était très heureux. Grâce à mon aide à la réintégration, j’ai commencé à vendre des marchandises textiles comme des sacs, chaussures et vêtements. Je souhaite maintenant ouvrir une boutique ou je pourrais vendre des articles de mode et des cosmétiques provenant de différents endroits du monde. »

    En trois ans, 5.247 migrants gambiens (avril 2020) ont été aidés pour rentrer chez eux volontairement dont plus de 70% ont été rapatriés de Libye.

  • Ag Zeini Mohamed

    Un centenaire de retour au Mali


    « Autrefois notre eldorado, c’était Kumasi au Ghana. Tous les maliens qui sont allés au Ghana ont rapporté beaucoup d’agent à leurs familles. Les gens n’avaient pas besoin de traverser le Sahara ou de risquer leur vie le long de la route migratoire pour devenir riche. Aujourd’hui, les choses ont changé. La situation est devenue difficile. Les gens ne s’aiment plus, les frontières sont scellées. Autrefois, la vie au Mali était douce comme du sucre mais de nos jours elle est plus amère que le piment à cause des conflits ! »

    Ag Zeini Mohamed a 115 ans, c’est le plus vieux des migrants rentrés au pays. Après 70 ans passés loin de son pays et une vie bien remplie à travailler au Togo, au Ghana et au Burkina Faso, cet ancien combattant pour l’armée française en Indochine, a demandé à l’OIM à Ouagadougou de l’aider à rentrer chez lui dans le nord du Mali.

  • Ouagadougou, Burkina Faso, avril 2019 – OIM / Alexander Bee

Bonne gouvernance et droits de l’homme

par l’ONUDC et l’HCHR


Au Burkina Faso, master anti-corruption et Commission nationale des droits humains.


  • Soutenu par l’Office des Nations Unies contre les drogues et le crime (ONUDC), le Burkina Faso a lancé son premier programme de master sur la lutte contre la corruption en mars 2019. L’éducation est un outil fondamental pour prévenir la criminalité et la corruption. En plus de promouvoir une culture qui soutient l’État de droit, la prévention du crime et la justice pénale, l’introduction de programmes de lutte contre la corruption dans l’enseignement supérieur contribue également à renforcer les capacités des futurs professionnels responsables de la lutte contre la corruption.

  • Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCHR) a soutenu la mise en place d’une Commission nationale des droits humains (CNDH) au Burkina Faso. Installée en 2018, elle a pour mission la promotion, la protection et la défense des droits humains. Cette commission qui reçoit l’appui technique et financier du HCHR et du PNUD, est citée en exemple dans la région pour ses larges pouvoirs en matière d’investigation sur tout le territoire, et sa composition plurale.

  • Ouagadougou, Burkina Faso, mars 2019 – ONUDC / Aurélia Rusek
  • Josiane Dabiré

    Étudiante en master gouvernance et développement au Burkina Faso


    « Le master répond à nos attentes concernant la lutte contre la corruption, parce que dès le début nous apprenons comment se manifeste la corruption, quels sont les différents aspects de la corruption, quels sont les différents moyens de lutte contre la corruption, quel est le cadre législatif et institutionnel de lutte contre la corruption. Et c’est déjà un avantage pour nous, surtout pour moi qui ai déjà une licence en audit et finances des entreprises. Ce master va me permettre d’améliorer mon curriculum vitae. Dans 5 ans, j’aimerais bien travailler à l’autorité supérieure de lutte contre la corruption au Burkina Faso comme auditrice de conformité. Et dans 10 ans, j’aimerais bien me spécialiser dans la traque des flux financiers illicites. »

  • Kalifa Y. Rodrigue Namoano

    Président de la Commission Nationale des Droits Humains au Burkina Faso


    « Nous traversons une situation très préoccupante en terme de droits humains au Burkina avec des attaques terroristes, entrainant au quotidien des pertes humaines, avec des centaines de milliers de déplacés internes, des violations des droits économiques, sociaux et culturels. Nous assistons de plus en plus à des remous sociaux liés à certaines mesures gouvernementales, interprétées de part et d’autres comme des restrictions de liberté d’expression, de réunion et de manifestation. […] La présence du système des Nations Unies en général et du Haut-Commissariat aux droits de l’homme et du PNUD aux côtés de la CNDH, est vraiment essentielle et constitue à l’heure actuelle un impératif pour que la commission jouer pleinement son rôle. »

  • Ouagadougou, Burkina Faso, mars 2019 – HCDH / Aurélia Rusek

« Le Sahel a besoin de l’unité et de l’engagement de tous. Beaucoup d’outils et de mécanismes sont actuellement en place. Tous sont complémentaires et méritent d’être soutenus et valorisés. […] Le temps presse et c’est dans un esprit de complémentarité et d’unité que nous pourrons arrêter la spirale de violence et de souffrance dans la région. »


António Guterres
Secrétaire général des Nations Unies.