Éducation & Santé


Promouvoir une couverture sanitaire universelle de qualité et appuyer les efforts nationaux visant à permettre à toutes les filles et garçons d’être scolarisés et d’achever un enseignement primaire et secondaire équitable.

Sans accès aux services de base – santé, éducation, nutrition, eau potable – une nation ne peut pas se développer.


  • La région du Sahel est marquée par des conflits, notamment dans la zone du Liptako-Gourma et du lac Tchad et une instabilité d’une complexité croissante. Quand il n’est pas inexistant, l’accès aux services de bases est menacé.

    Un enfant non scolarisé ou déscolarisé, c’est un potentiel non réalisé et des opportunités manqués. Les enfants doivent avoir la possibilité d’acquérir les compétences, les connaissances, les valeurs et les aptitudes nécessaires pour devenir des adultes responsables, actifs et productifs. Mais pour aller à l’école, un enfant doit déjà être en bonne santé. L’accès à l’eau potable, à l’assainissement et les campagnes de sensibilisation sur l’hygiène permettent d’éviter les risques de propagation des maladies infectieuses notamment les infections respiratoires aiguës, la diarrhée, le paludisme et la rougeole. Ces maladies sont les principales causes de mortalité maternelle et infantile au Sahel et plus généralement en Afrique. L’offre actuelle des systèmes de santé reste largement insuffisante.

  • Au cœur des multiples inégalités rendant l’accès à des soins de qualité pour tous particulièrement difficile, se trouvent des normes sociales discriminatoires qui se traduisent par des attitudes, des comportements, des politiques et des lois qui freinent notamment les femmes et les filles.

    Alors que le monde est menacé par la pandémie de COVID-19, les investissements dans les systèmes de santé et dans des campagnes de sensibilisation massives sont plus que jamais nécessaire au Sahel. Une coordination et des liens étroits entre les opérations sanitaires et humanitaires sont essentiels pour atténuer les conséquences multisectorielles de la pandémie et garantir une réponse cohérente et efficace pour protéger les plus vulnérables. Les agences des Nations Unie travaillent en coordination avec les autorités nationales et les partenaires régionaux pour appuyer leurs réponses dans leur lutte contre la COVID-19.

Assurer l’éducation des enfants en situation d’urgence


L’éducation est un défi majeur dans les pays touchés par les conflits.


  • Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, plus de 8 millions d’enfants âgés entre 8 et 14 ans ne sont pas scolarisés (décembre 2019). Lorsque l’éducation est prise pour cible, il devient impossible d’assurer une scolarisation sans danger au sens traditionnel du terme. Les risques d’attaque engendrent la peur dans les communautés locales, ce qui force les écoles à fermer, les enseignants à fuir et les écoliers à rester à la maison. Mais même en ces temps désespérés, des approches innovantes peuvent fournir des solutions.

  • Par exemple, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) coopère avec les gouvernements d’Afrique de l’Ouest et Centrale pour offrir de nouveaux outils d’enseignement et d’apprentissage et diversifie les options et les possibilités éducatives pour atteindre les enfants où qu’ils se trouvent.

  • Dori, Burkina Faso, juin 2019 – UNICEF / Vincent Tremeau
  • Hussaini*

    14 ans, a pu poursuivre l’école grâce au programme d’éducation par la radio dans le nord du Burkina Faso – UNICEF


    « J’étais en classe dans mon village. Nous avons entendu des cris. Ensuite, les gens ont commencé à tirer des coups de feu. Ils ont tiré sur nos enseignants et en ont tué un. Ils ont incendié les salles de classe. J’avais peur. Ensuite, nous nous sommes enfuis. Mon père a dit que nous devions partir. Et nous sommes partis, mes parents, mes grands-parents, mes sœurs et mes frères […]. J’aimais l’école, lire, compter et jouer pendant la récréation. Cela fait un an que je ne suis pas allé à l’école. Un jour, quand je jouais au ballon avec mes amis, des personnes se sont présentées à nous et nous ont dit qu’elles allaient nous donner une radio pour apprendre. C’est super. Toute la famille écoute les cours – par la radio – maintenant avec des leçons en Fulfulde, Songhai et Tamashek. – Le point focal de l’éducation par la radio – Abdoulaye* nous aide. Il est comme un grand frère pour nous. Les leçons nous apprennent à lire, à écrire et à faire des mathématiques. Je souhaite que la paix revienne afin que tous les enfants puissent retourner à l’école. »

    * Les prénoms ont été modifiés.

  • Salou

    7 ans, déplacé interne au Mali et scolarisé dans une école à Bamako – UNESCO / UNFPA / ONU Femmes


    Salou est arrivé dans le site de déplacés internes de Dialakorobougou près de Bamako en mai 2018 avec ses sept frères et sœurs et ses parents. Originaire de la région centre du Mali, la famille a du fuir les violences. Leur village a été pillé et brûlé. Avant, Salou travaillait avec son père dans les champs. Il n’avait jamais été scolarisé. La première école se trouvait à plus de 2,5 kilomètres du village. C’est donc la première fois qu’il va à l’école. Comme lui, ce sont en tout 70 enfants du site de déplacés qui ont été scolarisés dans les écoles voisines. Salou et tous les autres écoliers ont reçu des kits scolaires comprenant une tenue, un cartable, des cahiers et du matériel didactique.

  • Dialakorobougou, Bamako, Mali, février 2020 – UNESCO / Aurélia Rusek

Le WASH au cœur de la lutte contre la COVID-19


Lors d’une épidémie de maladie infectieuse, les services de l’eau, d'assainissement et d'hygiène (WASH) constituent un maillon clé dans la lutte contre la maladie.


  • Mais au Sahel, l’une des régions du monde où l’eau se fait la plus rare, l’accès à ces services est extrêmement limité, obligeant souvent les populations à parcourir de longues distances pour collecter de l’eau. Les agences des Nations Unies collaborent étroitement avec les pays et ses partenaires pour faire en sorte que les populations puissent accéder à des installations de lavage des mains fixes et mobiles, à des produits nettoyants à base de savon ou d’alcool et à un approvisionnement fiable en eau.

  • Alors que la pandémie actuelle pose des défis nouveaux et sans précédent, les équipes de terrain apportent une aide directe aux pays pour lutter contre la propagation du virus, en adaptant rapidement la promotion de l'hygiène pour cibler un public plus large, en déployant en ligne les campagnes de sensibilisation compte tenu des règles de distanciation sociale et en mettant l'accent sur les différentes voies de contamination.

  • Maroua, région de l'Extrême-Nord, Cameroun, mars 2020 – UNICEF / Aurélia Rusek
  • Amirou Albade

    Président de l’association des chefs traditionnels du Niger


    « Nous mobilisons le maximum de chefs dans les quartiers de Niamey. Le message à la population est clair : il n'y a pas de médicament contre le virus, la seule façon de sauver des vies maintenant est de suivre les mesures préventives. Ce sont des temps de solidarité, pas de division. Chacun, individuellement et collectivement, doit agir pour empêcher la propagation communautaire. »

    Avec l’appui de l’UNICEF, les leaders traditionnels, chefs de quartier et crieurs unissent leurs forces à Niamey au Niger.

Enregistrement des naissances au Cameroun

par l’UNICEF


Chaque année, environ un tiers des enfants ne sont pas enregistrés à la naissance au Cameroun.


  • Les zones rurales sont particulièrement touchées avec un taux d’enregistrement de seulement 48 % contre 81 % dans les zones urbaines. L’acte de naissance marque le début de la vie de l’enfant sur le plan légal. Cette omission des parents expose les enfants et les prive d’un certain nombre de droits dont la nationalité (ils sont apatrides) et l’éducation (l’enfant ne peut pas aller à l’école) ou encore le droit de vote.

    Ce projet vise une réforme en profondeur du fonctionnement du système national de l’état civil.

  • Il s’agit d’augmenter le taux d’enregistrement des naissances, en particulier, les nouveau-nés, dans deux zones pilotes à l’Extrême-Nord et à l’Est, où se trouve le taux le plus faible du pays et les problématiques les plus aiguës. La délocalisation des bureaux de l’état civil dans les formations sanitaires permet aux mères de nouveau-nés l’enregistrement et la délivrance de l’acte de naissance de leur enfant dès l’accouchement.

  • Maroua, région de l'Extrême-Nord, Cameroun, mars 2020 – UNICEF / Aurélia Rusek
  • Bakary Bouba

    Secrétaire d’état civil à l’hôpital de Maroua au Cameroun


    « Cette région est très marquée par les us et coutumes. Parfois les maris ne veulent pas que leurs femmes sortent pour venir récupérer les actes de naissance de leur enfant. Et bien souvent, ils ne veulent pas faire d’actes de naissance pour les filles parce qu’ils disent que faire un acte de naissance c’est pour aller à l’école, et que si la fille ne va pas à l’école alors il n’y a pas de problème car de toute façon à un certain âge, elle sera mariée. Mais heureusement avec le soutien de l’UNICEF, et les campagnes de sensibilisation, les mentalités commencent à évoluer. Le nombre d’enregistrements des naissances au niveau de la commune a déjà beaucoup augmenté depuis la mise en place du projet. »

  • Mapsatou Zakariyahou

    Maman d’un petit garçon de 3 mois à Maroua au Cameroun


    « C’est important l’acte de naissance pour que mon enfant puisse aller à l’école. Moi je n’ai pas été à l’école. Pour mon premier enfant, c’est mon mari qui avait été chercher l’acte de naissance à la mairie. Mais cette fois, c’est bien plus facile pour moi de venir récupérer l’acte de naissance dans l’hôpital ou j’ai accouché car les documents de naissance sont déjà prêts et je peux les récupérer lorsque je viens pour la vaccination de mon enfant. »

  • Maroua, région de l'Extrême-Nord, Cameroun, mars 2020 – UNICEF / Aurélia Rusek

Programme de lutte contre le paludisme au Tchad

par le PNUD


En 2018, 93% des décès associés au paludisme dans le monde ont eu lieu en Afrique Subsaharienne selon le dernier rapport de l’OMS.


  • Au Tchad, le paludisme est la principale cause d’hospitalisation et de mortalité. Les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans sont particulièrement touchés avec 70% des décès.

    Pour lutter contre le paludisme, le PNUD, en partenariat avec le Fonds Mondial, agit sur trois axes : prévention et sensibilisation ; diagnostic et traitement ; renforcement des capacités nationales.

    Pratiquement, cela consiste à des campagnes de distribution de masse de moustiquaires imprégnées et de sensibilisation :

  • les chefs traditionnels et religieux ainsi que des agents de santé communautaire participent à la sensibilisation des communautés aux dangers du paludisme notamment, et incitent les femmes enceintes à se rendre aux quatre consultations prénatales gratuites où elles pourront bénéficier d’une moustiquaire imprégnée et d’un traitement préventif contre le paludisme ; la chimio-prévention du paludisme saisonnier chez les enfants de 3 mois à 5 ans dans les districts de la zone sahélienne ; le test rapide et la prise en charge gratuite des cas de paludisme dans les 1.600 formations sanitaires du pays et le renforcement du système de santé national pour un développement durable.

  • Île de Tandal, Bol, Tchad, février 2019 – PNUD Tchad / Aurélia Rusek
  • Bentou Moussa

    Mère de 3 enfants à Bol au Tchad


    « Lors de ma dernière grossesse, j’ai eu des maux de tête, je ne me sentais pas bien alors je suis allée à l’hôpital. Là-bas, ils ont confirmé que j’étais enceinte et ils m’ont fait le test du paludisme. Il était positif, ils m’ont donc donné un traitement contre le paludisme et une moustiquaire. J’ai toujours préféré accoucher à l’hôpital plutôt qu’à la maison à cause des risques de complication mais comme nous habitons sur une île, ça coûte cher d’aller à l’hôpital et il faut mobiliser des moyens financiers. »

  • Hassane Youssouf

    Agent de santé communautaire, île de Tendal Sabit près de Bol au Tchad


    « Mon petit frère est décédé du paludisme. Pendant trois jours, il a eu une forte fièvre et des vomissements alors on l’a emmené à l’hôpital mais malheureusement il est décédé. Après cela, j’ai constaté que le nombre de cas de paludisme avait fortement augmenté au sein de ma communauté. C’est pour cette raison que j’ai décidé de devenir agent de santé communautaire : pour sensibiliser les gens de ma communauté aux dangers du paludisme. Je fais du porte à porte ou des réunions en groupe. Je fais le suivi des femmes enceintes en les encourageant à aller aux consultations prénatales. Elles ont confiance en moi. Il y a encore beaucoup de femmes qui accouchent à domicile car même si la visite est gratuite, que le traitement préventif est gratuit et la moustiquaire aussi, il y a toujours des examens payants qu’ils vont demander à l’hôpital comme les échographies. »

  • Île de Tandal, Bol, Tchad, février 2019 – PNUD Tchad / Aurélia Rusek

« Il est essentiel que les gouvernements augmentent leurs investissements dans des services sociaux résilients, pour la santé, la nutrition, l'accès à l'eau potable et la protection des enfants, et qu'ils réagissent, se rétablissent et réimaginent un monde dans lequel chaque enfant survit et s'épanouit – au Sahel et partout sur la planète. »


Marie-Pierre Poirier
Directrice régionale d’UNICEF pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre.