Climat & Résilience


Renforcer la résilience au changement climatique pour assurer la sécurité alimentaire des populations et promouvoir l’accès aux énergies renouvelables comme moteur du développement au Sahel.

Les populations du Sahel tirent l’essentiel de leurs moyens de subsistance de l’agriculture - presque exclusivement pluviale et pratiquée à petite échelle - et de l’élevage, combinés à diverses activités non agricoles.


  • Les femmes représentent 60% des personnes travaillant dans le secteur agricole au Sahel*. Les agricultrices sont aujourd’hui confrontées à un certain nombre d’obstacles structurels qui limitent leur accès à la terre, à l’information, aux finances, aux infrastructures, aux technologies et aux marchés. Renforcer la résilience nécessite de mettre en œuvre une approche intégrée, qui aborde simultanément ces barrières structurelles dans un contexte de changement climatique.

    De plus, la condition des agricultrices s’améliore considérablement lorsqu’elles peuvent bénéficier de sources d’énergies renouvelables pour le traitement des récoltes, la mouture des céréales, l’irrigation des champs, le refroidissement et le chauffage des systèmes de stockage des produits et leur transport vers les marchés.

    Plus généralement, l’approvisionnement en énergies renouvelables peut apporter des moyens de subsistance plus équitables et durables aux familles, aux agriculteurs, aux entrepreneurs, aux centres de santé, aux écoles, aux petites et moyennes entreprises.

  • Les sources d’énergies renouvelables, en particulier le solaire, sont diversifiées et flexibles, allant des lanternes solaires aux grands réseaux fonctionnant à la demande 24h / 24 et 7j / 7 et en passant par des systèmes solaires photovoltaïques à usage domestique, les équipements mécaniques autonomes nécessitant de l’énergie ou encore les micro et mini-réseaux.

    Il existe un énorme potentiel pour les sources d’énergies renouvelables dans la région du Sahel qu’il est impératif d'exploiter pour stimuler le développement socioéconomique et soutenir la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).

  • * Source : ONU Femmes

Agriculture, Femmes et Développement Durable

(AgriFed) par ONU Femmes


Au Sénégal, les femmes représentent 70% des travailleurs du secteur agricole.


  • Le pays est l’un des plus gros consommateurs et importateurs de riz en Afrique de l’Ouest. Depuis 2018, ONU Femmes soutient REFAN, un réseau de 16.000 femmes agricultrices du nord du Sénégal pour faciliter l’accès à la terre, aux compétences, aux technologies et intrants agricoles pour une production résiliente au changement climatique. Le programme favorise aussi l’accès aux financements et aux marchés.

  • Plus de 600 hectares de terre ont été affectés par les collectivités territoriales aux femmes productrices de riz au Sénégal et plus de 1.500 femmes ont été formées dans les techniques de production, transformation et commercialisation dans le cadre d’AgriFed.

  • Ross Béthio, Sénégal, février 2020 – ONU Femmes / Aurélia Rusek
  • Ndeye Gaye

    Vice-présidente du Réseau des Femmes Agricultrices du Nord du Sénégal


    « Si les femmes veulent plus d’indépendance, elles doivent être mieux formées et bénéficier de ressources financières. Car les femmes sont à la tête de toutes les activités familiales, l’éducation, la maison. Désormais les femmes ne veulent plus dépendre de leur mari. Elles veulent avoir leurs propres activités génératrices de revenus qui leur permettent de mieux gérer leur famille. Et de mieux s’organiser pour créer d’autres activités. Ça rééquilibre les choses entre l’homme et la femme. Avant les femmes ne prenaient pas de décision. C’était l’homme qui prenait toutes les décisions de la famille. Maintenant les décisions se discutent ensemble. »

  • Fatoumata Niang

    Membre du groupement de femmes de Sor Daga à Saint-Louis au Sénégal


    Grâce au soutien d’ONU Femmes, le groupement de femmes de Dor Saga a pu acheter une première machine pour transformer leurs céréales. Avec les revenus générés, elles ont ensuite investi dans deux machines supplémentaires.
    « Nous avons appris à faire des confitures, des jus et des sirops ou encore des savons à base de riz. Ma vie a beaucoup changé. Maintenant je gagne plus. J’aide beaucoup mon mari. Parfois les enfants tombent malades et je peux aller voir le médecin et leur acheter des médicaments. »

  • Saint-Louis, Sénégal, février 2020 – ONU Femmes / Aurélia Rusek

Un million de citernes pour le Sahel

par la FAO


Accéder facilement à l’eau potable et renforcer la production agricole familiale.


  • Présente dans six pays de la région, l’initiative « Un million de citernes pour le Sahel » de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) renforce la résilience des populations rurales et améliore leur sécurité alimentaire et nutritionnelle via des dispositifs de collecte et de stockage des eaux de pluies.

    Implantée dans les communautés les plus pauvres et ciblant particulièrement les femmes, l’initiative comprend plusieurs volets : le transfert d’argent aux bénéficiaires qui construisent les citernes, la création de jardins communautaires avec la distribution de semences adaptées au contexte, d’outils de jardinage et l’accompagnement par diverses formations

  • sur l’agroécologie, sur l’impact du changement climatique et sur l’accès aux marchés. Ces citernes (entre 20 et 50m³) ont changé la vie de milliers de personnes et sont devenues les nouveaux « lieux de vie » des villages.

    Au Sénégal, avant le projet, les bénéficiaires ne consommaient que de la viande, des céréales et du lait. Maintenant que les femmes ont accès à l’eau, elles cultivent aussi des légumes pendant la saison sèche. Les légumes excédentaires sont vendus sur le marché. Les enfants peuvent retourner à l’école car ils n’ont plus besoin d’aider leur famille en allant chercher de l’eau.

  • Douly, Sénégal, avril 2019 – FAO / Eduardo Soteras
  • Mboya Ka

    Mère de cinq enfants, à Douli au Sénégal


    « Avant l’arrivée de la citerne, je devais parcourir près de 9km chaque jour pour acheter de l’eau, souvent avec un ou plusieurs de mes enfants et je dépensais plus de 1.000 francs CFA (au Sénégal, le salaire moyen en 2019 est estimé à 92.000 CFA). Maintenant je peux faire d’autres choses, comme cultiver mon jardin et rencontrer d’autres femmes. J’ai aussi appris à planter certaines des graines que j’ai reçues et je sais maintenant comment utiliser les légumes que je produis. »

Village solaire au Mali

par le PNUD


Dans la région de Mopti, la station solaire de Soufouroulaye alimente plus de 50 points d’éclairage public du village et éclaire près de 90 personnes.

  • La station fournit de l’électricité à la mairie, aux centres de santé, aux écoles et à la maison des jeunes. Elle permet de faire fonctionner des radios rurales, un système de pompage de l’eau du jardin communautaire pour les femmes, un centre de chargement de 20 batteries sans compter tous les petits commerces qui peuvent désormais être alimentés en électricité.

  • Soufouroulaye, Mopti, Mali, février 2020 – PNUD / Aurélia Rusek
  • Abdoulaye Traore

    Propriétaire d’un petit commerce à Soufouroulaye au Mali


    « Avant nous utilisions des batteries solaires mais maintenant avec l’arrivée de l’électricité, nous avons la télévision, des réfrigérateurs dans lesquels nous pouvons stocker des produits. Ça m’a permis de vendre de l’eau fraîche et des boissons. Avant je fermais la boutique à la tombée de la nuit mais maintenant je peux rester ouvert jusque 22h ou 23h. Mes revenus ont beaucoup augmenté car je fais plus de ventes. Ça a vraiment changé notre vie. »

  • Madirore Karembe

    Propriétaire de l’atelier de soudure de Soufouroulaye au Mali


    « Avec l’arrivée de l’électricité à mon atelier, j’ai beaucoup, beaucoup plus de travail qu’avant et j’ai dû embaucher des apprentis. Les gens viennent de toute la région de Mopti pour faire réparer leurs machines, notamment agricoles. »

  • Soufouroulaye, Mopti, Mali, février 2020 – PNUD / Aurélia Rusek

« La voie est ouverte. Les nations du Sahel et leurs peuples doivent continuer à s’entraider, en renforçant leurs liens et leur gratitude envers ceux qui sont prêts et unis dans leurs efforts pour faire de ce changement inévitable un avenir plus durable. »


Ibrahim Thiaw
Secrétaire exécutif pour la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification et ancien conseiller spécial des Nations Unies pour le Sahel.