Autonomisation des Jeunes & des Femmes


Soutenir la formation et l’emploi des jeunes, et réduire les inégalités de genre pour transformer les sociétés du Sahel.

L’Afrique est le continent dont la population est la plus jeune au monde, en particulier au Sahel.


  • La jeunesse de la population est une grande richesse, les jeunes constituant les acteurs-clés de la construction des sociétés et étant le moteur du développement économique du Sahel. Pour autant, si la croissance démographique est trop rapide et la population trop jeune pour être en âge de travailler, cet atout peut constituer un frein au développement.

    Pour achever la transition démographique, il faut maîtriser la croissance démographique et répondre aux besoins des jeunes en leur offrant une instruction de qualité, mais aussi des opportunités de formations professionnelles et un meilleur accès au marché du travail. Un effort particulier doit être mis sur les jeunes filles et les femmes, car leur autonomisation peut rapidement entraîner une baisse du taux de fécondité. Ainsi, améliorer l’accès et l’utilisation des services de santé reproductive et la planification familiale, soutenir la scolarisation des filles et l’acquisition de compétences pratiques sont des actions essentielles pour autonomiser les jeunes filles et réduire les inégalités de genre.

  • Alors, les jeunes, et en particulier les adolescentes et les femmes, adéquatement formés et en bonne santé pourront pleinement contribuer à transformer les pays du Sahel et les conditions de vie de leurs populations.

    Les quelques témoignages rassemblés ici soulignent à quel point les jeunes du Sahel sont volontaires, ambitieux, créatifs et les plus à même de cerner les besoins des populations et ainsi pouvoir y répondre. Une communauté de jeunes entrepreneurs est en train d’éclore un peu partout au Sahel, tant dans les grandes villes qu’en milieu rural : des jeunes femmes et des jeunes hommes animés d’une volonté farouche de changer le récit trop souvent négatif véhiculé sur cette région du monde. Ils ne demandent qu’à être soutenus et que l’on croie en eux.

Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD)

par l’UNFPA en partenariat avec la Banque mondiale, l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé et l’Union Africaine


Encourager le maintien des filles à l'école et accroître les possibilités économiques des femmes.


  • SWEDD est un des programmes phares du Fonds des Nations Unies pour la population dans la région. Présent au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad, récemment mis en œuvre au Cameroun et en Guinée, et dans deux autres pays d’Afrique subsaharienne (la Côte d’Ivoire et le Bénin), SWEDD favorise l’émancipation des femmes et des adolescentes et facilite leur accès à des services de santé reproductive, maternelle et infantile de qualité.

    Grâce à des approches novatrices, le programme s’adresse aux femmes et aux adolescentes, âgées de 10 à 19 ans. Des espaces sûrs accueillent les jeunes adolescentes vulnérables déscolarisées.

  • Accompagnées par une « mentore », elles y sont sensibilisées sur leurs droits humains, leurs compétences de vie et connaissances, ainsi qu’en santé sexuelle et reproductive. Avec l’appui à la scolarisation, le programme leur apporte une aide sous forme de bourse ou de kits scolaires. Des formations professionnelles qui ne se cantonnent pas aux métiers traditionnels leur sont proposées. À travers la création de centres d’excellence proposant des Masters, la filière des sciences obstétricales (pour la profession de sage-femme et d’infirmière) est valorisée. Les hommes et les jeunes hommes sont encouragés à s’impliquer davantage dans la vie du foyer avec les clubs des maris et de futurs maris.

  • Nouamlein, Mauritanie, janvier 2020 – UNFPA / Ania Gruca
  • Fatimetou Sidy Aly

    16 ans, en Mauritanie


    « Je suis contente d’être dans l’espace sûr, j’ai appris beaucoup de choses. Par exemple, n’importe qui peut aller librement chez le médecin pour lui demander des moyens de contraception ou des piqûres pour être soigné. J’ai aussi appris que le mariage précoce a de fortes répercussions sur la vie des jeunes filles. Je pense que l’on ne doit pas se marier avant 18 ans. On ne doit pas forcer une fille à se marier : si elle n’aime pas quelqu’un, il ne faut pas la forcer. »

  • Cheik Ould Zein Limam

    Secrétaire général de la pensée islamique en Mauritanie


    « L’islam est une religion de paix, de tolérance et des droits de l’homme. Il y a beaucoup de choses qui se font au nom de l’islam mais qui vont à l’encontre de l’islam. Avec mes écrits et fatwas, j’œuvre à lever l’équivoque entre les coutumes et les conceptions erronées de l’islam dans nos vies. En tant que leaders religieux, nous avons un devoir envers nos populations, nos adeptes : celui de leur montrer la bonne conception de l’islam, car il y a beaucoup de coutumes, comme les mutilations génitales féminines (MGF) ou l’esclavage, qui ne sont pas bonnes. Nous pensons que l’Islam est une religion de tolérance. Quand on voit les innocents qui sont kidnappés au nom de l’islam, ça veut dire que l’islam lui-même est kidnappé. L’islam n’est pas compris par les musulmans et donc le devoir des imams est de montrer à leurs adeptes les bonnes pratiques. »

  • Nouakchott, Mauritanie, janvier 2020 – UNFPA / Ania Gruca

Soutenir l’entrepreneuriat des jeunes du Sahel

par le PNUD


Le PNUD a élaboré plusieurs programmes multi-pays et nationaux pour soutenir l’emploi des jeunes au Sahel et les aider dans leurs projets entrepreneuriaux.


  • Le programme d’entrepreneuriat TEF-PNUD est un partenariat entre la Fondation Tony Elumelu (TEF) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) visant à former, encadrer et financer 100.000 jeunes entrepreneurs en Afrique en dix ans. Les candidats sélectionnés disposent chacun d’un capital de départ d’un montant maximum de 5.000 dollars, un accès à des mentors, une formation commerciale de 12 semaines et des opportunités de réseautage.

  • Avec le projet Femmes-Jeunes Entreprenants et Citoyenneté au Burkina Faso (ProFeJec), le PNUD a sélectionné 10 incubateurs pour transformer les initiatives de 100 jeunes gens et de femmes burkinabés en entreprises à la fois opérationnelles, viables et citoyennes.

  • Bamako, Mali, février 2020 – PNUD / Aurélia Rusek
  • Coumba Diakité

    Fondatrice de « Be Recycle » au Mali


    Installée à Bamako, Coumba Diakité transforme les pneus usagés en mobilier et objets de décoration.
    « Les pneus sont récupérés et brûlés à l’air libre. Cela pose des problèmes de santé pour la population mais aussi des problèmes environnementaux. »

    Les 12 semaines de formation du programme d’entrepreneuriat TEF lui ont permis de développer son business plan sur cinq ans. Puis le PNUD Mali a sponsorisé son voyage au forum d’Abuja.
    « La participation au forum d’Abuja m’a permis d’échanger avec d’autres jeunes entrepreneurs en Afrique, pour savoir comment ça se passe chez eux. Aujourd’hui, le Mali fait face à une crise économique, politique et sécuritaire. Avec l’aide des organisations des Nations Unies et de la Fondation Tony Elumelu, nous arrivons à avoir des fonds et à être visibles que ce soit ici au Mali ou à l’extérieur avec différentes plateformes. »

    Depuis Coumba a pu participer à la foire de Bamako grâce au soutien d’ONU Femmes. Et même si son carnet de commandes ne désemplit pas, elle regrette le manque de confiance accordé aux jeunes de son pays :
    « Tu as beau avoir de l’ambition et vouloir aller de l’avant, il te faut un appui de l’état ou d’une organisation pour avoir de la crédibilité. »

  • Abdoul Razack Belemyingré

    Producteur de la première confiture de fraise biologique au Burkina Faso


    Le jeune Abdoul, titulaire d’une maîtrise en droit, aurait pu devenir avocat ou magistrat mais il a préféré être entrepreneur agricole :
    « Je voulais prouver aux jeunes burkinabés que l’on peut faire de la terre un métier pour la vie, que l’on peut s’épanouir en étant paysan et en produisant. »

    Le jeune entrepreneur a développé un centre d’agroécologie qui abrite un site de production, un magasin de conservation d’oignons et un centre de formation pour les jeunes. Avec ProFeJec, Abdoul est encadré par un incubateur pendant un an pour développer la première confiture biologique du Burkina Faso.
    « Depuis six mois, j’ai appris comment rechercher des partenariats, développer des synergies d’action entre jeunes entrepreneurs, comment faire les études de marché, développer des packaging pour la fraise. »

    C’est la maman d’Abdoul, formée par ProFeJec, qui fabrique la confiture mais le jeune homme espère bien développer un petit laboratoire de production pour lequel il embauchera trois nouvelles personnes. Fort de son succès, la confiture se vend déjà par le bouche à oreille sur les marchés de Ouagadougou.

  • Ouagadougou, Burkina Faso, mars 2020 – PNUD / Aurélia Rusek

En Mauritanie, jeunes de la région et réfugiés maliens sont formés aux métiers du BTP.

par l’OIT et l’UNHCR


L’OIT et l’UNHCR soutiennent l’emploi des jeunes dans le secteur de la construction et des travaux publics dans tout le Sahel.


  • Le camp de Mbera, situé à l’est de la Mauritanie à une soixantaine de kilomètres de la frontière avec le Mali, compte plus de 60.000 réfugiés maliens qui ont fui la guerre au Mali et qui vivent principalement de l’aide humanitaire. L’Organisation internationale du Travail (OIT), en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), offre à de jeunes réfugiés et aux jeunes issus des communautés d’accueil des formations qualifiantes dans plusieurs filières du Bâtiment et Travaux Publics pour favoriser le développement économique local.

  • Un centre de formation professionnelle polyvalent et une piste d’accès au camp ont été construits. 1.201 jeunes ont déjà été formés et 211 ont trouvé un emploi dans des entreprises existantes ou nouvellement créées. À terme, ce sont plus de 6.000 jeunes qui seront formés aux métiers du BTP.

  • Camp de réfugiés de Mbera, Bassikounou, Mauritanie, juillet 2019 – UNHCR / Jerry de Mars
  • Fatimetou

    Réfugiée malienne, formée à la construction en Mauritanie


    Maman de deux petites filles, Fatimetou, 27 ans, est arrivée en Mauritanie en 2012 après avoir fui les violences au Mali.
    « J’ai toujours aimé les mathématiques à l’école mais je n’ai pas pu terminer mes études. Je suis très contente de participer à ce programme de formation aux métiers de la construction. J’apprends de nouvelles compétences, en particulier la mesure des distances. »

    La moitié des élèves du chantier-école du camp de Mbera sont des filles.

« Nous considérons le Sahel comme une terre de nombreuses opportunités et investir dans la jeunesse est une condition préalable à la stabilisation de la région. La jeunesse doit être au cœur de tout programme de développement. Nous devons investir dans leur potentiel, leur talent, leur énergie et leur enthousiasme et leur donner l’opportunité de réaliser pleinement leurs rêves. »


Ahunna Eziakonwa
Administratrice assistante du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Directrice du Bureau régional pour l’Afrique.